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Evolutions climatiques à Saint-Martin-de-Bréhal

Au moment où le réchauffement climatique est au centre des préoccupations des dirigeants mondiaux, il est intéressant de se pencher sur les évolutions climatiques et leur effet spectaculaire sur le niveau de la mer, qui a varié de plusieurs mètres en quelques milliers d’années.

L’excellente exposition "Saint-Martin à travers les âges" avait donné des informations intéressantes sur le sujet, même s’il ne s’agit par définition que d’hypothèses.

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Vous avez dit réchauffement climatique ?

" A la fin de la dernière glaciation, il y a environ 8.000 ans, nous avons assisté à un réchauffement climatique et à une montée très importante du niveau de la mer. Cependant, le plateau des Minquiers ainsi que Jersey et Chausey étaient encore reliés au continent.

Il faut attendre encore environ mille ans pour qu’elles deviennent les îles que nous connaissons maintenant. Nous pensons qu’il y a 6.000 ans, le rivage était à environ quatre à cinq kilomètres du rivage actuel. (Tracé rouge sur la carte).

Le niveau de la mer était, 5.000 ans av. J-C, environ 2 mètres plus bas que l’actuel. Cette différence peut paraître modeste, c’est pourtant considérable.

Vers 3.800 av. J-C le niveau de l’eau est monté de 4 mètres, avec l’apparition de premières formations dunaires d’origine éolienne.

De 1.500 à 800 av. J-C, une importante régression, estimée entre 2 et 3 mètres, permet la formation de chênaies sur le rivage sud, marais de Dol et d’Ardevon.

Cette régression a aussi des conséquences sur la végétation dans le secteur situé au nord de Granville. On assista à l’apparition d’une formation boisée où dominent le noisetier et le pin mais aussi le chêne.

De 700 à 500 av. J-C, la transgression marine (entre +2 et +4 mètres) conduit à la disparition des ensembles forestiers situés sur le littoral.

De 300 à 100 av. J-C, une nouvelle invasion marine se produit à l’époque gauloise.
Du Ier au IIIe siècle de notre aire, les Gallo-Romains profitent de cette phase régressive pour exploiter des sites à sel et mettre de nombreuses espèces en culture.

Du IIIe au VIIIe siècle, une nouvelle phase de transgression marine se produit sur toutes les côtes de la Manche. Cette transgression dite Dunkerquien III se stabilisa selon les endroits entre le VIe et le VIIIe siècle et s’acheva par la constitution d’un nouveau cordon littoral. (C’est le nôtre)."

(extraits d’un panneau de l’exposition "Saint-Martin à travers les âges")

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Estimation de l’évolution du niveau de la mer depuis 8.000 ans

La mer gelée en 1963

Au cours du XXe siècle, plusieurs phénomènes spectaculaires ont été constatés. D’abord l’érosion continue de la dune, inexorablement attaquée par la mer, dont le paroxysme a été la tempête de 1967, et qui a été stoppée en 1972 par la construction de la digue-promenade, longue de 2,1 kilomètres.

Le XXe siècle, comme probablement les siècles précédant, a connu des hivers si froids que la mer a partiellement gelée (voir les photos de l’hiver 1962-1963, le plus froid du XXe siècle). Rappelons qu’à la suite de la destruction de nombreuses moulières gelées cet hiver-là, la décision fut prise d’implanter à la places des exploitations ostréicoles. Quant aux été chauds (1976, 2003, juillet 2015...), même s’ils sont peut-être une conséquence du réchauffement climatique, personne ne s’en plaint vraiment à Saint-Martin-de-Bréhal où la température ne dépasse les 30° que très exceptionnellement.

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images étonnantes de la mer gelée à Saint-Martin-de-Bréhal en février 1963